12 hommes en colère

29avr09

Douze hommes en colère

Douze hommes en colère

Douze Hommes en colère (12 Angry Men) est un film dramatique américain réalisé par Sidney Lumet et sorti en 1957.

Synopsis:

 Le film entier (ou presque) se déroule dans la chambre de délibération du tribunal, le jour le plus chaud de l’année . Un jury composé de douze hommes doit statuer sur le sort d’un adolescent accusé d’avoir poignardé son père et que tout accuse. Onze des jurés le déclarent coupable, mais le juré numéro 8 (Henry Fonda) un architecte, précise qu’il a des doutes sur l’innocence ou la culpabilité de l’accusé et le déclare non-coupable.

Scène:

La scène choisi, est celle ou l’architecte (juré n°8), interroge le courtier en bourse (juré n°4). Il lui demande s’il se souvient de ce qu’il a fait pendant sa semaine. Cette « interrogatoire » permettra dans un premier temps à l’architecte de prouver au courtier en bourse, que le jeune garçon a répondu sous le coup de l’émotion aux policiers. Il permettra aussi, dans un second temps, de faire basculer la décision du courtier en bourse sur le sort du jeune garçon, porté en accusation.

La scène commence à 11min 38 de la vidéo (voir sur dailymotion “12hommes en colère, part 4)

Analyse des personnages:

Dans cette scène nous retrouvons l’architecte, juré qui dès le départ vote non coupable pour le statut du jeune homme. Celui tente de faire changer d’avis le courtier en bourse, qui depuis le début du film est convaincu que l’accusé a tué son propre père. Ici, ils parlent du témoignage du policier qui a interrogé le jeune accusé pour savoir où il était au moment du meurtre. Le crime a eu lieu il y a trois mois maintenant. L’architecte tente de prouver au courtier qu’il est très facile et certainement probable d’être influencé émotionnellement lors d’un interrogatoire (surtout quand il est effectué, tout près du corps gisant de son propre père). Pour cela, il va le questionner sur ce qu’il a fait cette semaine.

 

Les plans utilisés pour filmer l’architecte sont très imposants. En effet, on peut voir que celui-ci se tient en position de force, comparé au courtier en bourse. Il est debout, filmé en contre plongé. Ce type de plan a tendance à accroître l’importance du sujet. Et c’est justement le cas. L’architecte se livre à un interrogatoire prenant et lourd sur le courtier. Au départ, ses question sont simples, voire ordinaires. Mais au fur et à mesure elles deviennent nombreuses. La voix de l’architecte est rapide, il ne laisse presque pas le temps au courtier de répondre.

 

Par ce comportement, on constate bien que l’architecte cherche à comprendre avant d’accuser le jeune homme. Certains indices lui font penser qu’il est innocent. Il aurait très bien pu se plier à l’avis des onze autres jurés, mais il ne l’a pas fait. Parce que c’est un homme qui cherchent à comprendre, et pas un homme qui se concentre sur les faits et les détails tels le courtier. L’architecte est un homme réfléchi. Il est bien (presque) le seul, à penser à l’implication du jugement sur le jeune garçon. Même si les faits ont été exposés lors du procès, il continue à avoir des doutes. C’est un homme qui se pose de nombreuses questions.

 

Lors de cette scène, nous voyons bien qu’il est prêt à interroger le courtier, tel que le jeune homme aurait pu être interrogé par la police. Il utilise les mêmes techniques que celles utilisés par les forces de l’ordre. Techniques qui d’ailleurs ont réussi à perturber le courtier.

 

D’ailleurs, celui-ci se laisse porter par le jeu, croyant qu’il n’aurait pas de difficultés à répondre (« laissez le faire ! »). Au départ, il répond instinctivement. Il se sent confiant et parle calmement. Le plan taille est utilisé pour les premières questions. Cependant, au moment ou le courtier commence à réfléchir pour répondre, le plan change. Celui-ci devient un plan poitrine. Plan qui permet de se rapprocher du sujet et d’en avoir une image nette.

L’hésitation et la réflexion se font ressentir sur le visage du courtier. Il répète les questions de l’architecte, et ce, à plusieurs reprises (« mercredi soir ? …mercredi soir… ») pour gagner du temps. Ce qui est intéressant ici, c’est qu’il reste très calme et très posé pendant l’interrogatoire.

 

C’est alors qu’à la dernière question, le courtier en bourse devient presque méconnaissable (« Vous n’étiez pas sous le coup de l’émotion je suppose Monsieur ? »)

Il s’aperçoit de son erreur. Il ne répond pas directement, comme il l’a fait auparavant avec les autres questions. Son silence est comme une réponse. Il se rend compte maintenant que le témoignage du jeune accusé a pu être influencé par la peur, la pression, la panique et l’émotion. Il baisse les yeux, signe qui montre qu’il a eu tort de se fier seulement au témoignage du policier. Filmé en gros plan, nous voyons bien que le courtier s’aperçoit de son jugement beaucoup trop hâtif.

Une goutte de sueur coule de son front (goutte qui peut être signifie le stress apparue lors de la dernière question). Ses derniers mots sont « Non… C’est vrai »).

Mots qui maintenant le ramène dans le camp des jurés qui plaide non coupable.

 

Il a suffit de mettre en situation le courtier pour qu’il comprenne que le jugement sur lequel il se basait n’était pas fiable. Le courtier est un homme terre à terre qui se fie aux choses concrète et tangibles. L’architecte l’a mis en situation d’expérience réelle. Position que seule la psychologie du courtier peut comprendre. C’est ainsi, qu’il a réussi à faire basculer l’avis du courtier.



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